[Critique] THE GREATEST SHOWMAN de Michael Gracey

NOTE : 7,5 / 10

« This is the greatest show ! »
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25 janvier 2017, Damien Chazelle enchantait une grande partie du public avec La La Land. Un an plus tard, jour pour jour, c’est au tour de Michael Gracey, dont c’est ici le premier long-métrage, de signer une comédie musicale ample, exaltante et fédératrice : voici The Greatest Showman.
Depuis sa tendre enfance, Phineas Taylor Barnum rêve de gloire. Plus tard, en 1871, lorsque ce dernier perd son travail de comptable, il saisit l’occasion pour lancer son légendaire « freak show circus ». C’est le début du show-business.
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On a souvent tendance à l’oublier, mais Hugh Jackman est aussi – et surtout – un artiste complet. Ouverture des Oscars en 2009, son duo avec Neil Patrick Harris lors des Tony Awards en 2011, etc… son talent pour les prestations scéniques et son amour pour le genre musical n’est plus à démontrer. De fait, le voir ici incarner et performer ce forain philanthrope était une évidence.
Projet en développement depuis 2009, ce (faux) biopic musical voit enfin le jour et prend le parti d’être lui aussi dans l’ère du temps en étant un festin visuel et sonore pop sciemment anachronique. Comme les métrages de Baz Lurhmann, nous direz-vous ! Oui et non. Si le réalisateur de Moulin Rouge ou Gatsby s’est positionné avec une signature très tape à l’œil, Michael Gracey est lui moins épileptique et plus élégant dans la confection. Son Greatest Showman est un show dans le show. Une sorte de mise en abîme grandiose d’une représentation de Broadway où les chansons signées Benj Pasek et Justin Paul (La La Land) et les tableaux s’enchaînent à une allure soutenue. Une volonté rythmique toujours très casse gueule pour ce type de film dans la mesure où on frôle parfois le manque de respiration et / ou de lassitude dans le mécanisme malgré la modernité affichée.
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Néanmoins, le rendu formel et le reste de la troupe (la femme à barbe en tête interprétée par Keala Settle) dégagent une telle énergie communicative que l’on est constamment emporté par l’avalanche de numéros spectaculaires dès que les notes et les chorégraphies se déchaînent (l’ouverture ou l’impeccable séquence du bar entre un Hugh Jackman au charisme monstre et l’excellent Zac Efron). À cela, il faut également souligner une superbe direction artistique mêlant SFX (occasionnellement hasardeux), costumes soignés et somptueux décors romanesques.
Réalisé avec passion par Michael Gracey, à qui l’on doit la fameuse pub musicale Lipton déjà avec Jackman, The Greatest Showman bénéficie d’une mise en scène efficace se permettant même çà et là quelques très jolies fulgurances et autres raccords numériques intéressants servant à la fluidité narrative de l’ensemble.
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Certes, le récit est sur des rails, oui le produit est ultra-calibré, oui film occulte volontairement les zones d’ombres de P.T. Barnum, mais tout est fait pour que son objectif premier soit atteint : émouvoir dans son message sur la différence mais – surtout – galvaniser l’audience, pendant et après. Mission accomplie. Car comme le public qu’il attire dans ses filets, on est pris au piège devant tant de générosité.
Du pur entertainment grand public récompensé aux derniers Golden Globes au titre de la meilleure chanson originale mais que l’on espère maintenant voir briller aux prochains Oscars… Enfin, surtout son interprète principal.
[Toutes les news sur le film : ici]
Réalisé par Michael Gracey (Hugh Jackman, Zac Efron, Michelle Williams, Rebecca Ferguson, Zendaya, Keala Settle). Long métrage: Américain. Genre: Comédie musicale. Durée: 105 min. Année de production: 2016. Distributeur: 20th Century Fox. Sortie: 24 janvier

Images : © 20th century fox

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