[Critique + podcast] COCO de Lee Unkrich et Adrian Molina (2017)

NOTE : 9 / 10

« Ce n’est pas un rêve, vous êtes tous vraiment là ! »
– Critique sans spoilers –
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Peut-être ne serez-vous pas d’accord avec nous, mais ne faut-il pas remonter à 2010 avec Là-Haut ou Vice-Versa en 2015 pour que l’on se souvienne avec émotion et sidération d’un Pixar ? Sans doute. Bonne nouvelle, puisqu’après le décevant Arlo (2015), le studio revient en force en nous offrant cette année COCO, formidable projet original nous entraînant au Mexique lors de la Fête des Morts. 
Un cadre et univers flamboyant certes déjà explorés dans le génial The Book of Life (2014) produit par Guillermo del Toro, mais qui bénéficient ici d’une ampleur stupéfiante. Car si nous adorons le film précité, l’identité visuelle et le cœur émotionnel de Coco sont incontestablement plus étincelants.
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« Je suis convaincu que les histoires les plus fortes sont issues de ce qui nous est le plus personnel. Plus l’idée est universelle, plus elle aura d’impact auprès des gens à travers le monde. Et qu’y a-t-il de plus universel que la famille ? ». C’est par cette éloquente note d’intention en préambule du livre « The Art of Coco » que le réalisateur Lee Unkrich (oscarisé pour Toy Story 3) contextualise ainsi le récit de son métrage.
Réalisé par ce dernier et Adrian Molina (d’origine mexicaine), le film se penche sur le jeune Miguel (Anthony Gonzalez), un aspirant musicien bridé par sa famille mais épris des mélodies du célèbre Ernesto de la Cruz (Benjamin Bratt), ex-vedette de telenovelas décédé. Une nuit, alors qu’il dérobe l’instrument du guitariste dans son mausolée, le garçon se retrouve propulsé dans le monde des morts où il fera la rencontre de ses ancêtres…
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Une fois encore, d’un postulat simple, Pixar vise juste et touche en plein cœur sur les multiples niveaux de lecture de cette grande quête initiatique. Abordant les thématiques de la famille, la transmission, le souvenir et même la mort, le studio fait une nouvelle fois preuve d’une vraie audace narrative en plaçant, par exemple, ce motif funeste en toile de fond.
Car même si le réalisateur se défend d’avoir fait un film traitant exclusivement de ce sujet, il n’en reste pas moins très prégnant dans la mesure où Miguel y fera clairement face au fil de ses péripéties. Il fallait donc toute la finesse des artistes de la firme pour désamorcer cet axe du deuil de façon ludique pour y célébrer la vie tout en restant un vecteur essentiel dans la construction de notre héros. 
Avec un récit aussi sincère qu’émouvant – jusqu’à être terrassant – au sein d’un folklore aussi riche, Pixar ne pouvait offrir qu’un festin visuel et sonore pour nous combler totalement. C’est donc tout logiquement une nouvelle démonstration de force technique prouvant (une fois de plus) toute la Maestria artistique et narrative du studio pour les univers foisonnants. 
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Et si Coco était bien plus qu’un film d’animation ? La question est légitime tant l’exigence des auteurs Lee Unkrich et Adrian Molina pour cette fresque est probant. Du (très) grand Art. Bravo.
Réalisé par Lee Unkrich (Avec Anthony Gonazalez, Benjamin Bratt, Gael Garcia Bernal, Edward James Olmos, Alanna Ubach ). Long métrage: Américain. Genre: Animation, Aventure, Fantastique, Comédie. Durée: 105 min. Année de production: 2016. Distributeur: Disney. Sortie: 29 novembre
>> Notre avis en podcast chez Séance Radio :

images : © Disney Pixar

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