[Critique] MAN OF STEEL de Zack Snyder (2013)

NOTE : 6,5 / 10

En 2006, en plus d’une énorme erreur de casting en la personne de Brandon Routh, le réalisateur Bryan Singer enfonçait (tristement) encore un peu plus le super-héros au slip rouge déjà bien amoché par une saga cinématographique déjà pas très très glorieuse – hormis ce premier film culte signé Richard Donner (1978)…Mais l’eSpoir subsiste et ces dix dernières années les comicbook movies ont globalement prouvé que la cape peut encore procurer des sensations fortes sur grand écran. Preuve en est avec l’écurie DC Comics lorsque la Warner décidait de ressusciter le Chevalier Noir via Christopher Nolan dont la représentation contemporaine de ce justicier masqué deviendra, qu’on aime ou non, une sorte de référence en la matière…
Alors quand le réalisateur cérébrale s’associe avec l’un des metteurs en scène les plus incontrôlables de sa génération et non moins visionnaire : Zack Snyder (300 – Watchmen), on se dit simplement que cette rencontre tombe sous le sens afin de redonner ses lettres de noblesse à la quintessence d’un Héros démystifié depuis trop longtemps. Oubliez les sauvetages de chats dans les arbres ou les arrestations clefs en main de malfrats neuneus, ce Superman là n’est plus. C’est un Alien qui surgit de nulle part. Vous avez bien lu ! Une entité extraterrestre qui dépasse l’entendement, quelque chose d’inconcevable dans notre monde moderne. Un homme qui vole. Ben voyons…
Man-of-Steel-critique-henry-cavillMais au commencement, il y a ses racines sur la Planète Krypton dont il aurait fallu bien plus que vingt minutes de traitement. Sur le point d’imploser, Jor-El (Russel Crowe) y donne naissance à son fils unique Kal-El qu’il envoie sur Terre pour le sauver alors qu’au même moment un soulèvement est fomenté par le Général Zod (Michael Shannon). De loin la meilleure partie du film ! Ces premières minutes sont Grandioses, que ce soit pour son univers SF ou sa mise en scène perfectionnée. On se gardera bien de vous en dire plus mais on y apprend enfin comment il acquiert ses pouvoirs ou, plus surprenant encore, le fonctionnement idéologique de leur société fondée sur l’eugénisme ! Les bases de la mythologie et sa représentation sont en tous points passionnantes. Puis, c’est l’arrivée sur Terre de l’enfant prodigue. Dès lors, il s’opère une narration déroutante puisqu’on le retrouve jeune adulte, vagabond, bourré de spleen et victime de sa différence qu’il traîne seul comme un fardeau. Cette ellipse pourra surprendre mais souvenons-nous que le film originel s’amorçait de la sorte le concernant…Mais là où le premier film s’attardait à nous présenter  un jeune universitaire propret dans son cocon familiale, puis en quête de sa vraie nature suite à la mort de Pa-Kent, ici sa jeunesse nous est contée par fragments via une série de flashbacks. Un des points noirs du film car si ces derniers sont malgré tout assez bouleversants grâce à un Kevin Costner dans le rôle de son père adoptif, il y a comme un blocage émotionnel.
Tout va très (trop) vite. On comprends ce parti pris narratif purement Nolanien dans la mesure où tout a été dit quant à la construction de notre héros en devenir, mais il pose aussi une vraie question sur les limites de ce type de récit inversé qui a fait la singularité du réalisateur d’Inception. Car c’est bien le cœur du film sur lequel il ne fallait pas outrepasser. En clair, on a l’impression de revoir Batman Begins. Plus embêtant encore, il faut ajouter à cela quelques actes de bravoures accomplis aux yeux de tous alors qu’il ne revêt même pas encore le costume (la plateforme pétrolière)…Bref. Une fois ceci souligné, il faut dire que l’évolution du personnage et son rapport au reste du monde dès lors qu’il se révèle prend une dimension plausible dans notre environnement. Car c’est bien sous cet aspect que le film est une vraie réussite. Enfin mettre en lumière cette aspect « Divin » face au commun des mortels. Un demi-Dieu auquel personne n’était préparé et excellemment incarné par Henry Cavill.
Man-of-Steel-Henry-Cavill-4S’en suit une seconde et dernière partie du film malheureusement des plus assourdissantes. Smallville et Metropolis devenant de véritable champs de batailles entre Superman et le Zod, bien décidé à récupérer ce qui lui a échappé sur Krypton et ruiner la race humaine. Et forcément, Snyder de lâche les chiens. On pensait avoir tout vu chez Michael Bay, les Vengeurs ou J.J.Abrams plus récemment, non. Destructions massives dans tous les coins du cadre, peu importe les dommages collatéraux. On en ressort lessivé. La faute surtout à une nouvelle composition fracassante et sans nuance de Hans Zimmer, sans parler d’une post-conversion 3D très moyenne…D’aucuns penseront qu’à 15 euros le billet c’est la moindre des choses pour un film de cette envergure. Pas faux. Le problème est qu’il nous reste comme un arrière goût d’inachevé. La faute à beaucoup d’incohérences dans le déroulé global de l’histoire, des séquences aberrantes ou sur le traitement de certains personnages pour lesquels on manque d’emprise : Amy Adams en tête pour son interprétation creuse de Lois Lane. Néanmoins, mention spéciale à Laurence Fishburne en Perry White.
Il ne manque pas grand-chose pour faire de ce Man of Steel un grand comicbook movie, reste l’un des meilleurs blockbusters de cette année et sans doute LE reboot décisif pour ce super héros auquel plus personne ne croyait…La suite du projet s’annonce toutefois prometteuse à condition toutefois de calmer la machine…
[Toutes les news sur le film : ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici]
Réalisé par Zack Snyder (Avec Henry Cavill, Kevin Costner, Amy Adams, Micheal Shannon, Russell Crowe). Long métrage Américain: Genre: Science fiction, fantastique. Durée: 2h20. Année de production: 2013. Distributeur: Warner Bros.
Images : © WarnerBros / DC Comics

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