[Critique] | Une nouvelle chance | (2012).

NOTE : 3,5 / 10

C’est peut être un des plus gros « failed » de cette fin d’année. Le retour très attendu et pour le moins raté sur grand écran de l’infatigable Clint Eastwood depuis Gran Torino. Ce dernier, déjà assez grossier, agaçait sérieusement par sa chronique sociale au rabais…Ici, l’ami et producteur de longue date du cinéaste, Robert Lorenz, prend la camera pour la première fois de sa carrière et fait d’Une nouvelle chance une mauvaise copie de son mentor.
Bourré de poncifs, le film met en scène Gus Lobel. Bougon et solitaire, c’est une sommité du recrutement pour une équipe de base-ball dont le talent n’a jamais eu à être reconsidéré. Avec l’arrivée de la nouvelle technologie et d’un jeune manager cynique obsédé par les stats, l’œil averti de Gus va être remis en question d’autant que son âge avancé ne semble plus être un moteur d’excellence pour le club. En face, sa fille Mickey (Amy Adams) est une working girl avec qui il entretient une relation quasi fictive depuis la mort de la maman. Forcément. En mission de recrutement en vu des drafts, Gus n’a pas le droit à l’erreur sous peine d’être licencié. Mickey va alors accompagner son paternel dans sa quête et lui étaler un mal profond.
Cette fissure, maintes fois rabâchée, et en mieux, ne trouvera ici aucune raisonnance tant le film navigue entre la guimauve et des personnages purement fonctionnels. Ainsi, la réflexion substantielle de l’expérience du temps qui aurait pu être un temps soit peu la vraie valeur narrative s’avère grotesque et totalement vaine. Au contraire, on y retrouvera principalement un « nœud dramaturgique » bien emballé sur fond d’actes manqués entre un père et sa fille. C’est d’ailleurs Amy Adams et sa seule fraîcheur qui sauveront de peu l’ensemble du film. Petit bout de femme remontée comme un coucou, en véritable garçon manquée au cœur de pierre, elle s’est construite en ayant encaissé les manquements de son père. Et il faudra attendre l’arrivée de Justin Timberlake en recruteur rookie et son sourire ultra bright pour qu’elle fasse la paix avec elle-même…Niais, hein ? Tout a fait.
Pire, on a comme l’étrange impression d’assister à une séance de pitrerie de son principal interprète. Mâchoire serrée, l’œil animal, Clint Eastwood est en mode pilote automatique et livre son éternel « prestation » grincheuse. Néanmoins, comme s’il s’agissait là d’un ultime tour de piste, on se laissera happer sans broncher par son charisme légendaire avec comme partenaires de jeux les immenses John Goodman et Robert Patrick dont les quelques répliques espiègles de vieux briscards sont un vrai bonheur. Au vu de la bande annonce et ces bons sentiments affichés, dire qu’il y a tromperie sur la marchandise serait faire preuve de mauvaise foie. Mais malgré toutes ces bonnes intentions, Une nouvelle chance n’est franchement pas réussi, extrêmement linéaire, dépourvu d’un vrai cœur émotionnel et comble…assez soporifique. Dommage.
Thomas Camacho
Réalisé par Robert Lorenz (Avec Clint Eastwood, John Goodman, Robert Patrick, Amy Adams, Justin Timberlake). Long métrage Américain. Genre: Comédie Dramatique. Durée: 1h51. Année de production: 2012. Distributeur: Warner Bros Pictures. Sortie : 21 Novembre.

Crédit images : © Warner Bros Pictures

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