[Flashback] | Focus sur deux projets abandonnés de Ridley Scott.

Alien en 1979, Blade Runner en 1982, Legend en 1985. Trois films, trois œuvres cultes du cinéma fantastique et de science-fiction signées Sir Ridley Scott, le grand cinéaste britannique, à qui l’on doit d’autres classiques du film de genre comme le spectaculaire Gladiator (2000) et le controversé – mais néanmoins impressionnant  – Prometheus (2012), nouvelle incursion dans l’horreur spatiale et l’univers de Alien.
Dès 1979, le producteur Dino De Laurentiis engage Scott pour adapter au cinéma l’un des plus grand classique littéraire de la science-fiction : Dune, écrit dans les années 60 par l’américain Frank Herbert, fascinante saga intergalactique dont l’ampleur et la richesse furent souvent comparées au Seigneur des Anneaux de Tolkien.
Dune aurait constitué la seconde collaboration entre le cinéaste britannique et l’artiste génial H.G Giger – directeur artistique pour le premier Alien – déjà impliqué dans une précédente tentative d’adaptation du livre par Alejandro Jodorowsky et Moebius. Scott travailla plusieurs mois sur le projet avec l’intention de réaliser le film en deux parties et de s’inspirer de la célèbre Bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo pour illustrer la lutte entre les peuples Fremen de la planète Arrakis et les terribles Harkonnens du monde Geidi Prime. Mais suite à la mort de son frère aîné Frank Scott, incapable d’affronter sereinement pareille charge de travail, Ridley abandonne le projet. Quelques années plus tard, en 1984, c’est le jeune David Lynch qui réalisa une version très contestée de Dune. Scott préférera adapter au cinéma le livre culte « Do Androids Dream Of Electric Sheep ? » (de l’écrivain américain Philip K. Dick) plus connu sous le nom de Blade Runner
Mais comme si l’avortement du projet Dune ne suffisait pas, le studio Amalgamated Dynamics Inc. – ADI – spécialiste des costumes, prothèses et maquillage FX pour Hollywood (Starship Troopers, Alien 3 / 4, Demolition Man, Wolf, Jumanji), a récemment dévoilé sur le net (ci-dessous) leur implication pour un autre film abandonné qu’aurait signé Scott : I am Legend.

i_am_legendEcrit en 1954 par Richard Matheson, « I Am Legend » est un roman mêlant SF/  horreur racontant les mésaventures de Robert Neville, dernier survivant dans un Los Angeles dévasté par une épidémie meurtrière et face à des mutants à mi-chemin entre vampires et zombies. The Last Man on Earth en 1964, The Omega Man en 1971 avec Charlton Heston et I Am Legend en 2007 avec Will Smith, les adaptations cinématographiques ne manquent pas. En 1995, Warner Bros proposa une nouvelle version à Ridley Scott dont la carrière avait besoin d’un coup de pouce. Tom Cruise, Michael Douglas ou Mel Gibson furent même envisagés pour incarner Neville dans une version scénarisée par Mark Protosevich (The Cell). Le script séduisit le réalisateur anglais qui imposa malgré tout au studio une réécriture complète par le scénariste John Logan (futur collaborateur sur Gladiator), ce qui donna naissance à une version bien plus osée et profonde, mélangeant l’action S.F et le thriller psychologique sans le moindre dialogue durant la première heure, avec une fin très sombre. Scott contraignit même les producteurs à engager Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal !
Warner, inquiet des libertés offertes au réalisateur et conscient de ses précédents échecs commerciaux (1492 : Conquest of Paradise, White Squall et G.I Jane) commanda alors une nouvelle réécriture du script par le scénariste Neal Jimenez.  Ce dernier accoucha d’une version jugée trop « ésotérique » et Protosevich retrouva son poste malgré ses réticences à retravailler pour Ridley Scott. Warner révisa son budget initial de 108 millions de dollars et ordonna au réalisateur de repenser son scénario afin de réduire les coûts. En Mars 1998, après une proposition de 20 millions de dollars, le studio préféra purement annuler la production. La popularité de Schwarzenegger souffrait du bide de Eraser et Batman & Robin et les deux films de science-fiction de la Warner, Sphere et The Postman, n’avaient pas rencontré le succès escompté.
Le réalisateur quitta I Am Legend, laissant derrière lui des mois de conception de prothèses et maquillages par le studio ADI, désormais visibles sur internet ainsi qu’une flopée de dessins préparatoires de l’illustrateur français Sylvain Despretz (plus bas) et un morceau de story-board croqué par l’illustrateur Sylvain Despretz (ci-contre) : le résultat est formidable et terrifiant, bien loin des monstres synthétiques médiocres de la version Will Smith.
On est peut-être passé à côté d’un très grand film du Maître, on se consolera avec un certain Gladiator qui sortait au cinéma deux ans plus-tard, remportant 12 nominations aux Oscars et 5 victoires dont Meilleur Film, Meilleur Acteur pour Russell Crowe, Meilleurs Costume et Effets Spéciaux

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